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mardi 10 mai 2011

Pas à pas... Bricolage de pas japonais !

Le jardin, c'est une attitude et la patience y est souvent de mise.
Alors, en guise d'illustration, quoi de plus adéquat que la culture zen du Japon et des... pas japonais !
Et puis, à Coquillon, TOUT CE SABLE JAUNE OCRE...

Guidée par Gina Mosaïque (et oui, la fameuse artiste de Saint Montan qui réalise les plaques de ses rues est aussi jardinière !), voila une petite démonstration "pas à pas" : comment, avec peu de chose, se faire un passage coloré entre plants de tomates et allées de fleurs.

Première étape, le moule... si vous devez le réaliser vous-même il vous faudra :
- une planche de contreplaqué pour poser le moule
- 4 tasseaux de 5 x 1,8 x 30 cm (dans le cas d'un moule carré) ou 6 tasseaux de 5 x 1,8 x 15 cm dans le cas d'un moule héxagonal.
- 6 vis (au moins) de diamètre 4 et de 6 cm de long
- grillage à mailles fines
- sable (tamisé) et ciment (blanc de préférence)
- galets, carrelage et assiettes cassées...



Visser le moule à la plaque de
contreplaqué


Disposer une couche de sable plus ou moins
épaisse pour disposer les galets "en négatif",
ce qui se verra au final est mis face cachée.

Mortier : 4 doses de sable pour 1 dose de
ciment blanc, et de l'eau jusqu'à obtenir
une texture lisse mais pas trop humide


Recouvrir d'une première couche de
mortier avant de déposer le grillage
... puis encore une autre couche après
le grillage à poules



Après 24 heure, dévisser et retourner.
Démouler en dévissant une visse de côté et
brosser la surface pour voir le résultat final !










samedi 26 février 2011

Humussons nous, ça grouille...

Février... bientôt Mars, les jardiniers sentent le réveil de la sève et ont parfois des pulsions incontrôlées !... semer, retourner, planter !

Alors est-ce le moment de mettre du fumier ? Ou plutôt du compost ? Mais quel compost et puis c'est quoi au juste le compost ?  

Voilà qui m'a donné envie de faire un petit clin d'œil à l'association Brin de Grelinette (à qui j'ai volé l'idée du titre !) qui fédère les jardins partagés autour de Grenoble et propose des ateliers sur le compost...
Mais déjà, théoriquement, entendons-nous sur ce que nous appelons compost... Le compost est à la fois ce tas de déchets ménagers (restes d'assiettes, pelures de légumes, coquilles d'œufs etc...) qui se décompose doucement derrière notre jardin, et aussi ce terreau tout frais, bien noir, à la structure "en semoule" et très riche en humus. Dans ce deuxième cas, on pourra appeler ça du compost mûr, par opposition avec le compost en compostage... en décomposition. En fait le compost c'est à la fois le procédé et la matière finale...

Oui, mais alors quelle différence entre le compost mûr et le fumier ? 

Et bien c'est le taux d'humus ; qui facilite la rétention de l'eau et des nutriments dans le sol. Les composés humiques ont une capacité d'échange importante et une décomposition lente qui fournissent aux racines azote, phosphore et tous les éléments nutritifs indispensables aux végétaux.
Le fumier reste encore de la matière organique non dégradée, c'est à dire qu'il correspond presque à nos pelures de carottes avant le passage dans le tas de compost. La matière organique est là, mais elle n'a pas encore la forme qui lui permet d'être "disponible" pour les racines des plantes. Bien que cette matière organique ait été transformée par la digestion de l'animal, cela ne remplace pas le travail des micro-organismes du sol qui la transforme en composés humiques et lui permet d'avoir les mêmes propriétés que celles du compost mûr. C'est pour cela que le fumier est apporté sur le sol plus généralement avant l'hiver, afin que sa décomposition se fasse durant les mois d'hiver et permette d'obtenir des composés organiques "disponibles" pour les plantes au printemps. Toutefois, le fumier n'ayant pas la même capacité de rétention de l'eau, il ne faut pas compter sur lui pour éviter le lessivage de l'azote dans le sol... Le lessivage, c'est lorsqu'il pleut en abondance et que l'eau, en s'infiltrant ou en ruisselant, transporte (parfois très loin) des petits éléments tels que l'azote qui ne sont pas "stabilisés" par des composés humiques...

Bon, tout cela ne nous arrange pas beaucoup alors ! C'est pour cela que certains préfèrent garder leurs sols couverts pendant l'hiver et mettre leur tas de fumier à composter... Allons bon, du fumier à composter ! Eh oui, comme les pelures de carottes et comme les déchets verts de ville dans les grands centres de compostage.  

Le compostage permet de contrôler et d'accélérer un phénomène qui se produit en permanence dans la nature avec la décomposition au sol des matières organiques (feuilles mortes etc...). Ce phénomène restitue au sol les éléments nutritifs prélevés par les plantes cultivées, et comme nous prélevons une partie de ces plantes (sous la forme de légumes et de fruits) il est important non seulement de restituer ce qui reste sur place (pailles, vieilles tiges...) mais aussi d'en apporter en surplus comme avec du fumier et/ou autres matières compostées.
L'important dans le compost c'est de bien associer la matière organique "verte" (déchets de cuisine, fumier ou déchets verts) à de la matière organique "sèche" ou carbonée (paille, résidu de tonte sèche...) ainsi que l'eau et l'air qui permettent aux micro-organismes (bactéries, champignons etc...), vers de terre, insectes etc. de se multiplier et d'accélérer la décomposition.
Mais l'art de faire un bon compost est à la fois très simple et très subtil... cela nécessiterait un article en soi, ou au moins un rapide saut sur des sites entièrement dédiés à ça. 

A l'heure d'aujourd'hui, les tas de compost des jardins de Coquillon ont encore de belles journées devant eux... et pour cet été où nous accueillons un grand nombre de nouveaux jardiniers nous pouvons compter sur le compost mûr de Bollène (fait à partir de déchets verts de ville compostés pendant 8 mois). Merci à l'association de nous l'offrir, merci à Christophe de le transporter et maintenant, c'est à chacun d'entre nous de nous doter d'une brouette, d'une pelle et d'un râteau pour aller épandre une dizaine de kilogrammes de ce précieux or noir sur chaque 10m² de nos potagers (la dose recommandée par la littérature potagère se situe entre 10 et 30 kg par 10m² mais nous ne pouvons pas transporter plus d'une tonne... de plus, le sol des potagers a été bien enrichi par le couvert forestier récent... donc soyons économes, l'humus est un bien précieux... à partager).

dimanche 20 février 2011

La Consoude, plante utile au jardin !

Tous nous admirons les jardins des uns et des autres en les félicitant et tous, avons chez nous parfois quelques soucis (non, pas les calendulas !... les semis qui ne marchent pas, les tâches rouges, noires, blanches qui guettent nos beaux pieds de légumes). Et puisque le jardinage, petit frère de l'agriculture, n'est pas né de la dernière pluie, eh bien autant nous servir des tuyaux de nos pairs. Cette fois-ci nous allons nous pencher à ras de terre pour regarder de plus près la Consoude.

Consoude ou Grande consoude ou Consoude de Russie
dite encore Oreille d'âne
symphytum officinale L.
Famille : Borraginacées

La consoude est une plante vivace médicinale et « plante engrais ». Elle fleurit de mai à juillet dans les lieux humides, c'est pour cela qu'à l'état sauvage ses grosses touffes disent toujours un sol gorgée d'eau et que dans les jardins elle peut servir d'indicateur de sécheresse (lorsque ses feuilles se ramollissent c'est qu'il est temps d'arroser !). Elle a d'importants besoins en azote et en matière organique (fumier et compost) mais elle sera vous le rendre au centuple.
Son nom vient du latin consolida (je consolide, je répare) et symphytum en grec signifie « qui assemble ». Autant dire qu'elle jouissait, chez les anciens, d'une grande estime et c'est en effet pour ses propriétés médicinales (réparatrice des tissus, à la fois antihémorragique, cicatrisante et calmante) qu'elle fut propagée sur les grandes routes commerciales d'Europe par les pèlerins et les gens du voyage.

Propriétés médicinales : La consoude est indiquée en usage interne (infusion ou décoction, principalement de racines) contre les maladies des voies respiratoires : bronchites, trachéites, toux rebelles, tuberculose pulmonaire et les diarrhées. En usage externe (cataplasmes de racine fraîche, épluchée, bien lavée, ébouillantée et broyée) elle soigne efficacement les plaies suppurantes, les escarres, les brûlures profondes (sa pulpe fraîche soulage très efficacement les brûlures du 1er degré), et bien d'autres cas de détériorations graves du derme. La consoude « qui soude » est aussi utilisée pour les entorses et les Romains s'en servaient déjà pour soigner les fractures et lésions osseuses. La racine taillée était une grande alliée des nourrices d'autrefois qui l'appliquait sur leurs mamelons pour réparer les gerçures. Plante féminine elle peut également être utilisée en injection vaginale dans les cas de métrite, vaginite, leucorrhée et dans la plupart des cas d'inflammation des organes génitaux féminins. Je ne m'appesantirai pas plus sur ses vertus médicinales et vous renvoie sur des ouvrages de plantes médicinales plus détaillés afin de vérifier les recettes propres à chaque utilisation.

Très bien ! Les anciens savaient donc déjà tout ça... Mais après le XVI siècle, la gloire de la grande consoude s'éclipsa et c'est seulement en 1912 que le médecin anglais Macalister la fit sortir des limbes. Sa redécouverte donna lieu à des études approfondies sur sa composition chimique qui révéla un taux élevé d'allantoïne (substance épithéliogène présente dans le liquide amniotique des mammifères), des tanins, des huiles essentielles et bien d'autres constituants qui favorisent la multiplication et la régénération cellulaire... chez l'animal (dont nous), comme chez le végétal !... et là, ça nous intéresse tout particulièrement...

Eh oui, car maintenant redécouverte, la consoude est devenue l'une des meilleures plantes-engrais utilisées par les jardiniers. C'est à dire que sa racine pivotante puise profondément (jusqu'à 2 mètres) des éléments nutritifs du sol, restituant un engrais riche en potasse et en oligo-éléments tels que le bore qui facilite la floraison.
Ce sont essentiellement ses feuilles qui sont utilisées au jardin, et de manières multiples :
  • Étalées fraîches sur le sol façon mulch (ou paillage) dans les interlignes ou enfouies à faible profondeur, elles serviront d'engrais (stimulation de la flore microbienne du sol et de la végétation en général) mais aussi de piège à limaces (qui s'y réfugient volontiers et peuvent alors être récoltées et détruites) ;
  • En extrait fermenté : Laisser macérer 1 kg de feuilles fraîches dans 10 L d'eau de pluie pendant 10 jours, puis filtrer la solution qui sera appliquée au sol à l'arrosoir (dilution 20%) ou en pulvérisation sur les semis, les boutures et les feuilles (dilution 5%) pour favoriser la pousse des semis, la reprise racinaire des boutures et le développement foliaire des cultures ;
  • En jus concentré : Mettre la plante à macérer seule, sans eau, dans un récipient opaque (la lumière altère les propriétés de la plante) pendant 2 jours. Presser et pulvériser sur les plaies de taille pour les désinfecter (sans dilution ou dilué à 5 %) ;
  • En activateur de compost, encore pour ses capacités à stimuler la flore microbienne qui dégrade la matière organique de notre compost pour nous restituer le meilleur des engrais... l'humus.
Et si vous ne la coupez pas menue ou ne lui arrachez pas ses racines sachez que ses fleurs, en grappes de clochettes violettes, sont très mellifères... c'est à dire qu'elles attirent les abeilles et particulièrement les bourdons, qui polleniseront ensuite vos plantes potagères !... Avis aux herbivores de ma sorte, les jeunes feuilles sont comestibles en salade ou, de préférence, cuites à la façon de l'épinard... Tout comme la tétragone de Serge !). En Allemagne, on en fait des beignets. Et pour que les protéinovores ne soient pas en reste, donner des feuilles de consoude aux poules pondeuses augmenterait leur production.

Comment s'en procurer, eh bien c'est très simple puisqu'elle se multiplie par bouturage alors rendez-vous à la foire aux semences de l'association La Capitelle, lors des Rendez-vous au Jardin le week-end du 4 juin !


Bibliographie :
  • LIEUTAGHI P., 1996, « Le livre des bonnes herbes », Acte Sud, 443 p.
  • BERTRAND B., COLLAERT J-P. et PETIOT E., 2007, « Les plantes au secours des plantes: Purin d'ortie et compagnie », Edition du terrain, 109 p.