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dimanche 3 juillet 2011

... et le premier jardin fut !

Retour sur image... " le jardin d'Angèle " le premier à être nettoyé....
Mais comment ça s'est passé Angélique ?

" Et bien c'est lorsque j'ai acheté à Hélène. Dit, tu te rends compte elle a 78 ans et elle y montait quand elle avait 8 ans avec son grand-père ! Donc j'ai acheté en 1999 trois hectares de bois et puis elle m'a dit qu'elle avait aussi ce petit jardin de 100 m² qu'elle me mettait avec. A l'époque on habitait dans le village donc on n'avait pas de jardin alors on a dit : "Génial un jardin !". Après plusieurs jours de recherche dans le terrain de Coquillon qui était inextricable on a fini par retrouver la première pierre de l'escalier et Hélène se souvenait bien, elle a dit, c'est sûr c'est ici ! Alors on a continué à gratter et une deuxième pierre et une troisième... "

"On s'est mise à quatre pâtes !
Le "premier jardin" en 2004...
Je montais le matin avec Clément qui avait 6 ans.
Quand j'ai découvert la première vasque, quelle joie !
Puis deux, puis trois... et puis le puits ! Mais il en fallut du temps avant le puits.
Jean-Christophe m'aidait pour les souches.
Et voilà que je me suis mise à cultiver... et j'étais toute seule pendant trois ou quatre saisons !"

Le bon temps en somme ;) ? Et qu'est ce que tu cultivais ?
" Ça m'a bien pris au moins une saison pour déraciner la parcelle. Après il était planté partout, j'avais de quoi faire la ratatouille ! Les pommes de terre d'un côté, les courgettes de l'autre..."




... fleurs et semis au potager d'Angèle !
"Les gens venaient se balader mais c'était le seul jardin au milieu de tout ça.
 Et puis il y en a eu un autre à côté, celui utilisé par Cyril c'était Marc et Sébastien qui l'on commencé. 
Et puis Myriam sur un autre, mais ça a duré 5 semaines...
... des prémices !"

Qui aurait cru, en mai 2000 que poussait, là, au beau milieu de cette colline sauvage, plus qu'un potager... un véritable jardin d’Éden !
C'est grâce au courage de notre chère Angélique Rossi, que les premier légumes ont à nouveau couvert le sol de Coquillon, car avant elle, cela faisait plusieurs années que les multiples petits jardins potagers de Coquillon avaient été abandonnés... De mémoire locale, il n'y avait plus guère que Lucien Fourneri qui montait encore jusqu'en 2001, par les petits sentiers, entre les murs de pierres, avec sa bôge (son sac de jute) et ses outils sur le dos.



"Avant c'était accessible en charrette et en brouette. Le grand père d'Hélène la mettait dans la brouette pour monter."

 " Une année de sècheresse on parlait avec Hélène de l'eau et le lendemain elle est venue me voir en me disant qu'elle avait "vu" son grand-père se pencher sur elle, petite fille, en lui disant, ne t'inquiète pas petite de l'eau il y en aura toujours dans le puits ! "
Voila qui est de bon augure pour les légumes de Coquillon !

mardi 8 février 2011

Retours sur image, septembre 2004 : "Un peu d'histoire"

Bâti là où le ruisseau d’Eyllieu rejoint celui du Valchaud, le village de Saint Montan est, comme Rome, entouré de collines.
L’une de ces collines, située au sud-ouest du village, se remarque par l’importante végétation qui la recouvre : c’est Coquillon.
Une autre de ces collines, à l’ouest du village, est bien plus aride : on l’appelle à juste titre la Peyrière ou la Pierrière.
Entre ces deux collines, il y a un passage en pente douce, dénommé Saint Jacques.

Un peu d’histoire… Coquillon ? Saint Jacques ?

On ne peut s’empêcher de penser au chemin de Saint Jacques de Compostelle et à la fameuse coquille, emblème des pèlerins.
Peut-être qu’un des chemins du pèlerinage passait par-là.
Aujourd’hui, c’est un sentier de grande randonnée qui traverse Saint Jacques.

Un peu de géographie …et histoires d’eaux !

Contrastant avec les autres collines, rocheuses, calcaires, aux pentes abruptes, la colline de Coquillon est un gros tas de sable dont les pentes douces se prolongent jusqu’à Saint Jacques.

La colline de COQUILLON et ST JACQUES

De ce sable ocre-jaune utilisé par les bâtisseurs et qui donne aux constructions du village cette teinte si particulière.
Ce tas de sable constitue l’extrémité ouest d’un filon qui s’étend jusqu’à Saint Restitut, dans la Drôme, avec, au passage, une apparition à Viressac et à La Lichère.
Véritable éponge posée sur une couche d’argile imperméable, Coquillon est un réservoir d’eau. De nombreuses sources apparaissent au pied de la colline : au sud-est, vers le Muret, au sud, vers Valescure, mais surtout à Saint Jacques.
En 1888, des travaux de captage des sources de Saint Jacques permettent d’alimenter tout le village en eau courante !
Ce dispositif a fonctionné pendant presque quatre vingt ans avant d’être remplacé par l’ « eau de la ville ».
Maintenant, les sources de Saint Jacques retournent comme auparavant alimenter le Merdarou, petit ruisseau qui se jette dans le Valchaud.

Un peu de botanique …et de jardinage

Le sable de Coquillon et de Saint Jacques a permis le développement d’une végétation particulière : pins, fougères, bruyères et même des châtaigniers, réputés pour ne pas aimer le calcaire !
Cette végétation aujourd’hui abondante cache ce qui a fait pendant longtemps la réputation de Coquillon et de Saint Jacques : les jardins.
Aménagées en terrasses, les faysses, avec une terre facile à travailler, dépourvue de pierres, une couche d’humus fertile en surface et de l’eau en abondance, situés non loin du village, les jardins ont constitué une grande richesse pour les Saint Montanais.
Tout y poussait en abondance…Ah ! les célèbres asperges de Saint Jacques !

Une photographie datant de 1959 montre qu’à cette époque les faysses étaient encore bien cultivées, notamment à Saint Jacques, sur la partie droite de l’image et également sur le replat nord ainsi que sur la pente Est de Coquillon.





La vue actuelle montre que, depuis, la végétation s’est beaucoup développée, la plupart des jardins étant, hélas, abandonnés.

Bernard Hennevin, pour les Echos n°7, Septembre 2004